La crise du journalisme

La crise du journalisme ! Ce serait pour reprendre une terminologie de la profession un marronnier, tant il est vrai que les journalistes ont de tout temps été critiqués, particulièrement France. “Si la presse n’existait pas, il ne faudrait pas l’inventer”, s’écrie Balzac au milieu du XIXe siècle lorsque naissent les premiers quotidiens comptant leurs lecteurs en millions. Mais cette fois, c’est différent : la crise du métier d’informer est profonde, quasi existentielle. Ses ressorts principaux sont identifiables : ils conjuguent principalement d’une part, une perte de confiance sans précédent de la population envers les professionnels de l’information, et d’autre part, la montée en puissance de la concurrence des réseaux sociaux au sein desquels s’est développée la sous-culture de plus en plus envahissante du buzz. Et aux griefs anciens à l’encontre des journalistes – trop de connivence et de déférence à l’égard des pouvoirs, et son corollaire le manque d’indépendance – s’ajoutent des critiques nouvelles pointant leur manque de compétences pour rendre compte de la complexité du monde. Selon le baromètre de la confiance La Croix-Kantar, 67 % des Français jugent que les journalistes ne sont pas indépendants des pressions qu’ils subissent, et ils ne sont que 44 % à se fier aux informations publiées dans la presse. D’où ces interrogations actuelles sur l’utilité et la raison d’être de ces professionnels occupés à la diffusion et au décryptage des “nouvelles”. Le défi est à la hauteur de l’enjeu : voici les journalistes obligés de “réinventer” leur métier, alors que les conditions d’exercice du métier n’ont jamais été rendues aussi difficiles économiquement, au sein d’entreprises qui peinent à trouver leur nouveau modèle de rentabilité, mais aussi culturellement, vis-à-vis de citoyens moins que jamais disposés à leur confier exclusivement la fonction d’informer. La crise est profonde et prend un tour véritablement dramatique au sens plein du terme, puisque ce n’est rien moins que le métier de journaliste qui est menacé de disparaître. Au moins dans sa version traditionnelle, celle née au milieu du XIXe siècle et qui consiste à rechercher l’information, la vérifier, la sélectionner et la hiérarchiser dans ce qui s’appelle un journal. La menace n’est pas actionnariale mais technologique. La révolution digitale transforme en effet radicalement au quotidien le travail des équipes de journalistes. “Les journalistes ont perdu le monopole de ce savoir-faire qui est désormais partagé avec d’autres qui le font plus vite et parfois mieux”, analyse Nicolas Beytout, directeur et principal actionnaire de ‘L’Opinion’(*). Annoncer la nouvelle n’est plus l’apanage des journalistes. Tout à chacun, muni de son portable, est désormais en mesure de diffuser une nouvelle, et les amateurs ne se privent pas sur les réseaux sociaux de griller la politesse aux professionnels. La sélection ? Le process n’est plus seulement piloté par les journalistes mais par des algorithmes qui, via les mots-clés, font remonter les articles dans les moteurs de recherche. Si bien qu’un bon rédacteur en chef ne peut plus se contenter de procéder à cette alchimie entre le choix d’un article et une ligne éditoriale en harmonie avec les attentes de son lectorat – qui fait tout le sel d’un journal – mais doit aller voir sur les réseaux sociaux le retentissement des papiers. Non sans avoir au préalable choisi les bons mots-clés mis dans le bon ordre pour susciter la curiosité de l’internaute… Une discipline qui requiert un tout autre tour de main. Nicolas Beytout illustre l’opération de façon ironique. “Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour, cela fait un titre nul. D’amour, vos beaux yeux me font mourir, c’est déjà mieux. Le must étant de suggérer que la marquise est nue…”. Mais c’est au cœur même du métier – et à sa raison d’être, la diffusion d’une information vérifiée, validée et interprétée – que le nouvel univers digital porte le coup le plus rude en laissant se répandre à la vitesse grand V la rumeur, l’écho, la manipulation, la communication. En jouant non plus sur l’argument de la raison mais sur la corde sensible de l’émotion et de l’irrationalité. Résultat : les réseaux sociaux imposent leur choix et les médias censés organiser le débat public dans nos démocraties ont, en les suivant, perdu la main sur l’ordre du jour de ce qui compose chaque jour la conversation nationale. “Les journalistes sont victimes de cette prolifération informationnelle. Ils sont débordés de partout et dans ce tohu-bohu, ils deviennent les derviches tourneurs de l’actualité” résume Dominique Wolton, expert dans l’analyse des médias.

Avantages et obstacles du marketing mobile

Chaque année, le nombre de téléphones mobiles utilisés partout dans le monde augmente énormément, ce qui donne au marketing mobile un plus grand potentiel de croissance. Il existe une vaste gamme de possibilités à explorer dans cette forme relativement immature de marketing. Chaque fois que vous entrez dans ce nouveau style de marketing, vous devez comprendre ses avantages et les obstacles, afin de rendre la publicité plus facile. Avantages: • Le nombre de personnes utilisant des mobiles est beaucoup plus élevé que celui des utilisateurs d’ordinateurs. Cela signifie que le marketing SMS sera accessible par un plus grand nombre de personnes. • Un téléphone mobile est devenu un accessoire important pour un grand nombre de personnes dans le monde entier. Ils portent des mobiles sur eux plus souvent que leurs ordinateurs portables. Ainsi, une entreprise est en mesure d’atteindre son client à tout moment et n’importe où. • Un message texte peut entrer en contact avec un client qui est loin. Cette façon de commercialiser permet à l’annonceur de garder une trace sur le nombre de personnes auxquelles il tend la main. • Les annonces pour mobile sont accessibles à ses clients sur une base personnelle. Un SMS envoyé a plus de chances d’être lu par le client qu’une annonce envoyée par courriel ou pop-up sur Internet. • Cette forme de publicité est très faible dans le coût. Ainsi, les entreprises peuvent facilement l’incorporer avec leurs méthodes de marketing déjà existantes. • Le coût économique du marketing mobile encou

La zone de non-droit parlementaire

L’on peut difficilement pardonner à François Fillon les différentes affaires dans lesquelles il est impliqué. Après tout, il se présentait avec beaucoup de condescendance comme le chantre de l’intégrité, le champion de la morale. Pour autant, il n’est pas le seul responsable de ses agissements : notre système actuel est en effet totalement dérégulé, et constitue une invitation pure et simple à la corruption. Il n’est donc pas étonnant que nos élus en profitent tant et plus ! Il y a peu, je me suis rendu à Florence pour un incentive, et j’en ai parlé avec les gens autour de moi. Et je me suis aperçu comme ces révélations ont révolté les gens. Que ce soit les socialistes ou les républicains, le ressentiment est partagé par tous. Cette controverse a mis en évidence les 900 millions d’euros en salaires et frais de gestion engloutis chaque année par les députés et les sénateurs, quand l’austérité est demandé au reste de la population. Mais le pire reste à mes yeux la stratégie de Fillon, qui a été parfaitement écoeurante dans cette histoire. Le candidat républicain a en effet basculé dans un populisme bien crasse qu’on se serait plutôt attendu à voir chez un Sarkozy que chez un supposé champion de la morale. Il a ainsi accusé (sans l’once d’une preuve) la gauche d’être à l’origine de ces révélations (ce qui ne change rien à la gravité des faits eux-mêmes, soit dit en passant), puis incriminé les journalistes autant qu’il pouvait. L’insolence du politicien dans toute sa splendeur ! Mais revenons à la base du problème. Les agissements de Fillon ont établi qu’il n’y a absolument personne pour contrôler les choix budgétaires des élus : ces derniers agissent en toute liberté et peuvent, par un principe de fongibilité, faire disparaître des sommes folles dans leur poche. Il serait plus que temps de mettre bon ordre dans ce gouffre financier. Ce serait qui plus est dans la continuité de ce qui s’est fait ces dernières années. Des années durant, l’Elysée n’a en effet eu aucun devoir de transparence. Aujourd’hui, pourtant, le budget de l’Elysée est examiné en détails et les dépenses de cette institution sont connues de tous ! Une pratique qui me semble fondamentale dans une démocratie, et il faudrait vraiment que la cour des Comptes puisse contrôler les pratiques de nos élus parlementaires aussi. Autrement, cet incentive à Florence m’a séduit. L’agence qui l’a mis en oeuvre a fait un superbe travail : voilà son site, si vous souhaitez jeter un oeil.

C’est fun l’avion

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L’amour est une fiction

Dans l’amour c’est le mot qui fait la chose. On commence par aimer les mots de l’amour, puis on aime l’amour, et si tout se passe bien, on finit par aimer quelqu’un. C’est l’histoire donc qui fait l’amour et chaque histoire est portée par toutes celles qui l’ont précédée dans la mémoire et l’imagination des hommes. L’amour, Paul Morand le pensait, n’est pas un sentiment mais un art, et La Rochefoucauld notait déjà “Il y a des gens qui n’auraient jamais été amoureux s’ils n’avaient jamais entendu parler de l’amour”. On croit commencer une histoire mais ce commencement a déjà commencé depuis longtemps, il a derrière lui l’histoire entière des amours de fiction depuis Daphnis et Chloé. Chaque histoire d’amour est immémoriale et pourtant, à chaque fois, totalement neuve. Une fiction l’habite, la protège, la provoque et la pousse à inventer une histoire, comme si rien n’avait existé avant elle. Aimer l’amour c’est l’écrire. Et l’écrire, c’est s’inscrire dans la trame des histoires racontées par les autres, tout en sachant que la nôtre sera incommensurable. D’où le beau livre publié sous la direction scientifique du département des manuscrits de la BNF, intitulé ‘Aimer l’amour, l’écrire’ et préfacé par Antoine Compagnon, sélection d’extraits de lettres, de poèmes ou de romans cachés sous le visage de Dora Maar photographié par Nusch Éluard dans les années 30, tenant lieu de couverture. Poème, texte ou chanson, chaque couple amoureux a besoin de son petit air national, de sa phrase musicale, insignifiante mais définitive, comme l’était pour Swann et Odette celle de la sonate de Vinteuil?: “Comme dans ces tableaux de Pieter de Hooch, qu’approfondit le cadre étroit d’une porte entrouverte, tout au loin, dans une couleur autre, dans le velouté d’une lumière interposée, la petite phrase apparaissait, dansante, pastorale, intercalée, épisodique, appartenant à un autre monde”. Le troisième personnage du couple, discret mais essentiel, c’est l’air d’amour, gage de sa présence, de sa grâce, de son exclusivité. Sans ce petit air qui nimbe d’une douceur lointaine et irréelle les amoureux pour les déposer légèrement hors du monde, l’amour ne serait qu’un commerce d’affects interchangeables jouant avec les modulations du désir, de la passion, de la bienveillance et de la tendresse. Chaque histoire d’amour dépasse donc largement ce qui arrive à ceux qui la vivent et les péripéties de leur intrigue érotique ou sentimentale. C’est la façon dont elle est racontée, par les protagonistes, les témoins, les complices, et l’air que les heureux élus lui associent qui la constituent en histoire. Un récit donc doublé d’une ritournelle. L’amour est un sentiment qui est de part en part littéraire, même quand on n’a jamais rien lu ni écrit. Dans ses ‘Fragments d’un discours amoureux’, Barthes remarquait?: “Passé le premier aveu, le je t’aime ne veut plus rien dire?; il ne fait que reprendre, d’une façon énigmatique, tant elle paraît vide, l’ancien message (qui peut-être n’est pas passé par ces mots). Je le répète hors de toute pertinence, il sort du langage, il divague, où??”. C’est précisément cette divagation du je t’aime que nous aimons tant, son absence totale de pertinence, son message sans adresse?; de là vient la grande volupté que nous prenons à le répéter indéfiniment. Même le je ne t’aime plus de l’autre ne l’arrête pas. Oui le je t’aime, dès sa deuxième occurrence, divague. Où demande Barthes?? Il s’échappe dans le texte, dans l’air, dans la musique, dans le temps, dans la longue mémoire de l’humanité, retissant le lien de tous ceux qui se sont aimés depuis Adam et Ève, dont rien ne prouve d’ailleurs qu’ils se sont aimés puisque Dieu, après les avoir créés et bénis, leur demande uniquement d’être féconds, de se multiplier, de remplir la terre et de l’assujettir. De toutes les vieilles histoires, seule la Genèse n’est pas une histoire d’amour?! Chaque je t’aime redit l’amour immémorial de façon inédite et porte en lui la promesse de sa réinvention. Voilà pourquoi nous aimons autant le dire, l’entendre, l’écrire, le lire. Toujours à la recherche de la Dame de carreau, celle que Paul Éluard décrit ainsi “….En vérité, la lumière m’éblouit. J’en garde assez en moi pour regarder la nuit, toute la nuit, toutes les nuits… Et c’est toujours le même aveu, la même jeunesse, les mêmes yeux purs, le même geste ingénu de ses bras autour de mon cou, la même caresse, la même révélation, mais ce n’est jamais la même femme. Les cartes ont dit que je la rencontrerai dans la vie, mais sans la reconnaître. Aimant l’amour”.

L’espace où le besoin de compétences

L’expérience des dernières décennies a montré que, pour maintenir le très haut niveau de compétences des équipes nécessaire à la maîtrise des activités de lanceurs, le déroulement d’activités de développement et de recherche et technologies était incontournable en parallèle des activités de production et des opérations de lancement. L’évolution des besoins en matière de lancements (missions, masses, réduction de coûts) exige de toute façon une évolution des lanceurs. Les développements correspondants seraient très longs et coûteux, voire de résultat incertain, s’il fallait chaque fois reconstruire les compétences. Il est apparu progressivement une difficulté à concilier les lancements de charges utiles commerciales, majoritairement constituées de satellites de télécommunication dont les masses sont allées croissant, et de charges utiles institutionnelles avec un spectre de masses allant du très léger au très lourd et des orbites de tous types. Cette dichotomie entre besoins commerciaux et besoins institutionnels n’est pas sans affaiblir l’économie de l’exploitation d’Ariane 5 qui tend ainsi à se spécialiser sur les lancements commerciaux. Conjugué à une préférence européenne défaillante (l’Europe est la seule région du monde où les États et l’Union européenne ne privilégient pas systématiquement le lanceur « domestique », pourtant financé en grande partie par les contribuables européens, pour leurs lancements institutionnels), cela pèse défavorablement sur les cadences de tir d’Ariane 5, donc accroît mécaniquement les coûts unitaires de son lancement, du fait d’une absorption insuffisante des coûts fixes. Dans un scénario de contraintes budgétaires pour les années à venir, qui ne peut que retarder la mise en service de lanceurs nouveaux type Ariane 6, le maintien de l’adéquation d’Ariane 5 au marché commercial est absolument nécessaire. Cette adéquation à la croissance des masses ou du nombre des satellites lourds, à l’augmentation de la diversité des missions, est l’objectif de la configuration Ariane 5 ME1 avec étage supérieur ré-allumable équipé du moteur Vinci. La première phase du développement de ce moteur Vinci s’est déroulée avec un remarquable succès, tous les objectifs clé ayant été atteints avant la fin 2010. Le nouvel étage supérieur Ariane 5, en particulier son moteur et ses équipements, sera d’ailleurs fortement compatible avec une utilisation sur Ariane 6. Il en a d’ailleurs été ainsi de toute l’histoire du lanceur Ariane, de nombreux éléments développés pour une génération étant utilisés sur la suivante. Cela a été très marqué d’Ariane 1 à Ariane 4. Et même Ariane 5, lanceur au départ complètement nouveau, a fini par utiliser dans sa configuration ECA actuelle, le moteur, les équipements et des éléments de structure du 3ème étage Ariane 4. Source: vol en apesanteur.

Surtaxer les sodas

Des députés ont proposé mercredi de surtaxer les boissons sucrées pour compenser la suppression d’autres petites taxes sur les produits agroalimentaires, au nom de la “simplification” de la fiscalité mais aussi pour des raisons de santé publique. La fiscalité des produits agroalimentaires, qui génère chaque année 4,7 milliards d’euros de recettes publiques est “vieillissante” et “complexe”, selon les conclusions d’une mission d’information parlementaire sur la question. Le rapport présenté par les députés Véronique Louwagie (Les Républicains) et Razzy Hammadi (PS), suggère de supprimer huit taxes à “faible rendement”, sur les 21 existantes, parfois “complexes et lourdes à gérer”. Les parlementaires critiquent des distorsions “injustifiées” que certaines taxes (farines, huiles, céréales, produits de la mer) font peser sur les filières agricoles françaises, alors même qu’elles ont un “rendement faible” pour l’Etat. Ainsi, les taxes sur les huiles devraient rapporter 125 millions d’euros en 2016, celles sur les farines 64 millions, et celles sur les produits de la mer, 4 millions. L’association nationale de la meunerie française (ANMF) avait dénoncé la semaine dernière cette “taxe farine” contournée par les industriels de la biscuiterie, qui se fournissent en partie à l’étranger sans déclarer leurs importations, afin de ne pas avoir à payer cette contribution appliquée normalement à toute la farine commercialisée en France. Plusieurs autres taxes touchent les boissons non alcoolisées et peuvent même s’additionner sur un même produit: taxe sur les eaux minérales, taxe sur les boissons sucrées (dite “taxe sodas”), sur les boissons édulcorées, les boissons énergisantes et droit spécifique sur les boissons non alcooliques. En supprimant les taxes sur les boissons contenant une dose minimale de caféine, censées toucher les boissons énergisantes, les parlementaires souhaitent aussi lever une contrainte qui “pèse inutilement sur des produits autres que ceux qu’elle devait initialement viser”. A l’inverse, afin que ces changements se fassent à budget constant pour l’Etat, le rapport propose d’augmenter le tarif de la taxe sur les boissons contenant des sucres ajoutés, la fameuse “taxe sodas”, “afin de favoriser, pour des raisons de santé publique, une baisse de la consommation de ces boissons”. Elle passerait dont de 7,53 euros par hectolitre (soit 2,51 centimes pour une canette de soda de 33 centilitres) à 21,47 euros par hectolitre (une hausse de 4,6 centimes pour une canette). Cette taxe sur les boissons sucrées avait été instaurée en 2012, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Selon les parlementaires, “les recettes dégagées par cette hausse viendraient ainsi compenser les diverses mesures de baisse de fiscalité proposées par la mission”, chiffrées à 590 millions d’euros en tout. Le syndicat des boissons rafraîchissantes, qui compte Coca-Cola et Orangina Schweppes parmi ses adhérents, s’est dit “scandalisé” par ce projet, dénonçant une motivation “exclusivement fiscale”. L’augmentation prévue “équivaudrait à 20% du chiffre d’affaires du secteur”, estime-t-il. Une position qui rejoint en partie celle de l’association de consommateurs CLCV, pour qui “cette politique n’aura alors pas d’effet tangible sur les comportements alimentaires et ne représentera qu’un simple alourdissement fiscal”. De son côté, l’UFC-Que Choisir “soutient la proposition d’une taxe plus large portant sur l’ensemble des aliments fortement sucrés”. Pour la ministre de la Santé, Marisol Touraine, “les taxes ne résolvent pas tout” et sa “priorité” est plutôt de “mettre en place un logo nutritionnel sur les produits alimentaires, y compris le soda”. Les parlementaires ne souhaitent pas en revanche modifier les taxes sur l’alcool ayant des “finalités sanitaires”. Ces propositions pourront faire l’objet d’amendements des députés lors des débats sur le projet de loi de finances pour 2017, qui sera présenté cet automne. C’est ainsi que l’Assemblée nationale avait voté en décembre, dans le budget 2016, un taux réduit de TVA à 5,5% pour les protections périodiques, surnommée “taxe tampon”.

A Londres

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Le challenge de la reconnaissance des groupes

L’Etat a du mal à reconnaître les groupes ; le modèle étatique occidental a tendance à ne traiter qu’avec les individus, qui se retrouvent seuls face à l’Etat. Mais l’individualisme occidental est loin d’être l’apanage de toutes les cultures et de toutes les populations. Dans la conception indienne du pouvoir, le dirigeant perd sa légitimité quand il s’éloigne de son cadre d’origine, la communauté prime sur l’individu, le consensus s’oppose au droit de la majorité. En Amérique Latine, ce modèle se heurte au modèle occidental. Les revendications indigènes se font de plus en plus sentir sur ce continent, en Colombie, au Mexique avec l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), en Equateur où le leader indien équatorien Antonio Vargas incarne à la fois une révolte légitime et un mode de protestation inquiétant puisqu’il ne se reconnaît en rien dans ce qui fonde les sociétés démocratiques. Face au désengagement de l’Etat, de nombreuses initiatives d’autodéveloppement voient le jour. Une fois qu’elles sont initiées, l’Etat pourrait tenter de les appuyer afin de les pérenniser. Au Mali des politiques de développement efficaces ont été lancées. L’objectif du Ton de Dougouninkoro par exemple est d’assurer le développement du village sur le plan de la production et des résultats agricoles ainsi qu’une meilleure prise en charge des affaires locales par les populations elles-mêmes. Ce Ton a désormais une force, qu’il faudra entretenir. Au Sénégal, l’expérience des pêcheurs est exemplaire : ceux-ci se sont inspirés de leur expérience auprès du Parlement Européen pour secouer leur propres parlementaires. Le CNPS – Collectif National des Pêcheurs Artisanaux du Sénégal - a dénoncé le manque d’intérêt de leurs élus pour la pêche artisanale qui constitue l’un des secteurs-clés de l’économie sénégalaise. De fait, les communautés de pêcheurs ont acquis une reconnaissance politique de la part de l’Etat. La démarche du CNPS a eu un grand impact dans la mesure où la pêche artisanale fait maintenant l’objet d’un débat public au sein de l’Assemblée Nationale. SOurce: Challenge Commercial.

Les français fument plus

Si les chiffres publiés par Logista sont confirmés par le ministère de la Santé, il s’agit de la première hausse de la consommation depuis six ans. Quand le prix n’augmente pas, la consommation repart. C’est en substance la leçon à tirer des chiffres de consommation du tabac publié par le Journal du Dimanche. Concrètement, alors que le prix reste stable, les achats chez les détaillants redécollent. L’hebdomadaire annonce en effet que les ventes de cigarettes auraient augmenté de 1% en 2015 (après des chutes de 5,3% en 2014 et de 7,6% en 2013). Le tabac à rouler, lui, prisé des jeunes, explose même à +6,3%. Le conditionnel reste cependant de rigueur. En effet, c’est théoriquement Bercy qui communique sur les chiffres officiels de la consommation de tabac en France. Or le ministère n’a pas encore fait connaître sa propre estimation et ne commente pas, pour le moment, les chiffres avancés par le JDD. Le journal se serait en effet basé sur des données provenant de Logista, entreprise spécialisée dans la distribution de produits du tabac (mais aussi de papeterie, de cadeaux, de confiserie ou de produits de téléphonie). La société est chargée également de calculer pour le compte des buralistes l’avance des droits à verser à l’État, et génère, de ce fait, sa propre estimation. Si les chiffres, ou du moins la tendance, sont exacts, il s’agirait de la première hausse de la consommation depuis six ans. Outre les industriels du tabac, l’autre gagnant de ce retour dans le vert des ventes de tabac reste… l’État. Toujours selon le JDD, en se basant sur les chiffres de ventes, les recettes fiscales (hors TVA) issues du tabac seraient ainsi en augmentation de 1,8% en 2015. Soit tout de même 250 millions d’euros en plus pour les comptes publics. Cette hausse de la consommation vient en tout cas donner un sérieux coup d’arrêt à l’idée qu’un paquet à un prix élevé maintient nécessairement la consommation en dessous d’un certain niveau. Ces chiffres, dans l’attente de leur confirmation, montrent plutôt que c’est la dynamique de hausse des prix qui fait baisser la consommation, indépendamment du prix final. La France a en effet un paquet de cigarettes plus cher que tous ses voisins (à l’exception du Royaume-Uni) avec des différences oscillant entre 20% et 40%, ce qui n’a pas empêché le rebond de 2015. L’action des douanes, qui ont saisi 507 tonnes de tabac de contrebande sur le seul premier trimestre 2015, et la nouvelle réglementation qui limite le nombre de cartouches avec lesquelles les consommateurs peuvent passer la frontière ont également joué un rôle. La circulaire publiée fin 2014 a abaissé le nombre de cartouches de dix à quatre seulement. Autant d’éléments qui ont pu ramener les consommateurs dans le circuit de vente traditionnelle. Reste à voir quelle sera la tendance pour 2016 qui sera marquée par un double mouvement. Tout d’abord, la poursuite du gel du prix du paquet de tabac qui n’a plus augmenté depuis 1er janvier 2014 (avec la hausse de la TVA). Mais, dans le même temps, la mise en place du «paquet neutre» à partir de mai 2016. Une mesure particulièrement décriée par les buralistes, ayant entraîné des mouvements de colère supérieurs à ceux accompagnant généralement les hausses de la fiscalité.



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