L’espace où le besoin de compétences

L’expérience des dernières décennies a montré que, pour maintenir le très haut niveau de compétences des équipes nécessaire à la maîtrise des activités de lanceurs, le déroulement d’activités de développement et de recherche et technologies était incontournable en parallèle des activités de production et des opérations de lancement. L’évolution des besoins en matière de lancements (missions, masses, réduction de coûts) exige de toute façon une évolution des lanceurs. Les développements correspondants seraient très longs et coûteux, voire de résultat incertain, s’il fallait chaque fois reconstruire les compétences. Il est apparu progressivement une difficulté à concilier les lancements de charges utiles commerciales, majoritairement constituées de satellites de télécommunication dont les masses sont allées croissant, et de charges utiles institutionnelles avec un spectre de masses allant du très léger au très lourd et des orbites de tous types. Cette dichotomie entre besoins commerciaux et besoins institutionnels n’est pas sans affaiblir l’économie de l’exploitation d’Ariane 5 qui tend ainsi à se spécialiser sur les lancements commerciaux. Conjugué à une préférence européenne défaillante (l’Europe est la seule région du monde où les États et l’Union européenne ne privilégient pas systématiquement le lanceur « domestique », pourtant financé en grande partie par les contribuables européens, pour leurs lancements institutionnels), cela pèse défavorablement sur les cadences de tir d’Ariane 5, donc accroît mécaniquement les coûts unitaires de son lancement, du fait d’une absorption insuffisante des coûts fixes. Dans un scénario de contraintes budgétaires pour les années à venir, qui ne peut que retarder la mise en service de lanceurs nouveaux type Ariane 6, le maintien de l’adéquation d’Ariane 5 au marché commercial est absolument nécessaire. Cette adéquation à la croissance des masses ou du nombre des satellites lourds, à l’augmentation de la diversité des missions, est l’objectif de la configuration Ariane 5 ME1 avec étage supérieur ré-allumable équipé du moteur Vinci. La première phase du développement de ce moteur Vinci s’est déroulée avec un remarquable succès, tous les objectifs clé ayant été atteints avant la fin 2010. Le nouvel étage supérieur Ariane 5, en particulier son moteur et ses équipements, sera d’ailleurs fortement compatible avec une utilisation sur Ariane 6. Il en a d’ailleurs été ainsi de toute l’histoire du lanceur Ariane, de nombreux éléments développés pour une génération étant utilisés sur la suivante. Cela a été très marqué d’Ariane 1 à Ariane 4. Et même Ariane 5, lanceur au départ complètement nouveau, a fini par utiliser dans sa configuration ECA actuelle, le moteur, les équipements et des éléments de structure du 3ème étage Ariane 4. Source: vol en apesanteur.

Surtaxer les sodas

Des députés ont proposé mercredi de surtaxer les boissons sucrées pour compenser la suppression d’autres petites taxes sur les produits agroalimentaires, au nom de la “simplification” de la fiscalité mais aussi pour des raisons de santé publique. La fiscalité des produits agroalimentaires, qui génère chaque année 4,7 milliards d’euros de recettes publiques est “vieillissante” et “complexe”, selon les conclusions d’une mission d’information parlementaire sur la question. Le rapport présenté par les députés Véronique Louwagie (Les Républicains) et Razzy Hammadi (PS), suggère de supprimer huit taxes à “faible rendement”, sur les 21 existantes, parfois “complexes et lourdes à gérer”. Les parlementaires critiquent des distorsions “injustifiées” que certaines taxes (farines, huiles, céréales, produits de la mer) font peser sur les filières agricoles françaises, alors même qu’elles ont un “rendement faible” pour l’Etat. Ainsi, les taxes sur les huiles devraient rapporter 125 millions d’euros en 2016, celles sur les farines 64 millions, et celles sur les produits de la mer, 4 millions. L’association nationale de la meunerie française (ANMF) avait dénoncé la semaine dernière cette “taxe farine” contournée par les industriels de la biscuiterie, qui se fournissent en partie à l’étranger sans déclarer leurs importations, afin de ne pas avoir à payer cette contribution appliquée normalement à toute la farine commercialisée en France. Plusieurs autres taxes touchent les boissons non alcoolisées et peuvent même s’additionner sur un même produit: taxe sur les eaux minérales, taxe sur les boissons sucrées (dite “taxe sodas”), sur les boissons édulcorées, les boissons énergisantes et droit spécifique sur les boissons non alcooliques. En supprimant les taxes sur les boissons contenant une dose minimale de caféine, censées toucher les boissons énergisantes, les parlementaires souhaitent aussi lever une contrainte qui “pèse inutilement sur des produits autres que ceux qu’elle devait initialement viser”. A l’inverse, afin que ces changements se fassent à budget constant pour l’Etat, le rapport propose d’augmenter le tarif de la taxe sur les boissons contenant des sucres ajoutés, la fameuse “taxe sodas”, “afin de favoriser, pour des raisons de santé publique, une baisse de la consommation de ces boissons”. Elle passerait dont de 7,53 euros par hectolitre (soit 2,51 centimes pour une canette de soda de 33 centilitres) à 21,47 euros par hectolitre (une hausse de 4,6 centimes pour une canette). Cette taxe sur les boissons sucrées avait été instaurée en 2012, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Selon les parlementaires, “les recettes dégagées par cette hausse viendraient ainsi compenser les diverses mesures de baisse de fiscalité proposées par la mission”, chiffrées à 590 millions d’euros en tout. Le syndicat des boissons rafraîchissantes, qui compte Coca-Cola et Orangina Schweppes parmi ses adhérents, s’est dit “scandalisé” par ce projet, dénonçant une motivation “exclusivement fiscale”. L’augmentation prévue “équivaudrait à 20% du chiffre d’affaires du secteur”, estime-t-il. Une position qui rejoint en partie celle de l’association de consommateurs CLCV, pour qui “cette politique n’aura alors pas d’effet tangible sur les comportements alimentaires et ne représentera qu’un simple alourdissement fiscal”. De son côté, l’UFC-Que Choisir “soutient la proposition d’une taxe plus large portant sur l’ensemble des aliments fortement sucrés”. Pour la ministre de la Santé, Marisol Touraine, “les taxes ne résolvent pas tout” et sa “priorité” est plutôt de “mettre en place un logo nutritionnel sur les produits alimentaires, y compris le soda”. Les parlementaires ne souhaitent pas en revanche modifier les taxes sur l’alcool ayant des “finalités sanitaires”. Ces propositions pourront faire l’objet d’amendements des députés lors des débats sur le projet de loi de finances pour 2017, qui sera présenté cet automne. C’est ainsi que l’Assemblée nationale avait voté en décembre, dans le budget 2016, un taux réduit de TVA à 5,5% pour les protections périodiques, surnommée “taxe tampon”.

A Londres

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Le challenge de la reconnaissance des groupes

L’Etat a du mal à reconnaître les groupes ; le modèle étatique occidental a tendance à ne traiter qu’avec les individus, qui se retrouvent seuls face à l’Etat. Mais l’individualisme occidental est loin d’être l’apanage de toutes les cultures et de toutes les populations. Dans la conception indienne du pouvoir, le dirigeant perd sa légitimité quand il s’éloigne de son cadre d’origine, la communauté prime sur l’individu, le consensus s’oppose au droit de la majorité. En Amérique Latine, ce modèle se heurte au modèle occidental. Les revendications indigènes se font de plus en plus sentir sur ce continent, en Colombie, au Mexique avec l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), en Equateur où le leader indien équatorien Antonio Vargas incarne à la fois une révolte légitime et un mode de protestation inquiétant puisqu’il ne se reconnaît en rien dans ce qui fonde les sociétés démocratiques. Face au désengagement de l’Etat, de nombreuses initiatives d’autodéveloppement voient le jour. Une fois qu’elles sont initiées, l’Etat pourrait tenter de les appuyer afin de les pérenniser. Au Mali des politiques de développement efficaces ont été lancées. L’objectif du Ton de Dougouninkoro par exemple est d’assurer le développement du village sur le plan de la production et des résultats agricoles ainsi qu’une meilleure prise en charge des affaires locales par les populations elles-mêmes. Ce Ton a désormais une force, qu’il faudra entretenir. Au Sénégal, l’expérience des pêcheurs est exemplaire : ceux-ci se sont inspirés de leur expérience auprès du Parlement Européen pour secouer leur propres parlementaires. Le CNPS – Collectif National des Pêcheurs Artisanaux du Sénégal - a dénoncé le manque d’intérêt de leurs élus pour la pêche artisanale qui constitue l’un des secteurs-clés de l’économie sénégalaise. De fait, les communautés de pêcheurs ont acquis une reconnaissance politique de la part de l’Etat. La démarche du CNPS a eu un grand impact dans la mesure où la pêche artisanale fait maintenant l’objet d’un débat public au sein de l’Assemblée Nationale. SOurce: Challenge Commercial.

Les français fument plus

Si les chiffres publiés par Logista sont confirmés par le ministère de la Santé, il s’agit de la première hausse de la consommation depuis six ans. Quand le prix n’augmente pas, la consommation repart. C’est en substance la leçon à tirer des chiffres de consommation du tabac publié par le Journal du Dimanche. Concrètement, alors que le prix reste stable, les achats chez les détaillants redécollent. L’hebdomadaire annonce en effet que les ventes de cigarettes auraient augmenté de 1% en 2015 (après des chutes de 5,3% en 2014 et de 7,6% en 2013). Le tabac à rouler, lui, prisé des jeunes, explose même à +6,3%. Le conditionnel reste cependant de rigueur. En effet, c’est théoriquement Bercy qui communique sur les chiffres officiels de la consommation de tabac en France. Or le ministère n’a pas encore fait connaître sa propre estimation et ne commente pas, pour le moment, les chiffres avancés par le JDD. Le journal se serait en effet basé sur des données provenant de Logista, entreprise spécialisée dans la distribution de produits du tabac (mais aussi de papeterie, de cadeaux, de confiserie ou de produits de téléphonie). La société est chargée également de calculer pour le compte des buralistes l’avance des droits à verser à l’État, et génère, de ce fait, sa propre estimation. Si les chiffres, ou du moins la tendance, sont exacts, il s’agirait de la première hausse de la consommation depuis six ans. Outre les industriels du tabac, l’autre gagnant de ce retour dans le vert des ventes de tabac reste… l’État. Toujours selon le JDD, en se basant sur les chiffres de ventes, les recettes fiscales (hors TVA) issues du tabac seraient ainsi en augmentation de 1,8% en 2015. Soit tout de même 250 millions d’euros en plus pour les comptes publics. Cette hausse de la consommation vient en tout cas donner un sérieux coup d’arrêt à l’idée qu’un paquet à un prix élevé maintient nécessairement la consommation en dessous d’un certain niveau. Ces chiffres, dans l’attente de leur confirmation, montrent plutôt que c’est la dynamique de hausse des prix qui fait baisser la consommation, indépendamment du prix final. La France a en effet un paquet de cigarettes plus cher que tous ses voisins (à l’exception du Royaume-Uni) avec des différences oscillant entre 20% et 40%, ce qui n’a pas empêché le rebond de 2015. L’action des douanes, qui ont saisi 507 tonnes de tabac de contrebande sur le seul premier trimestre 2015, et la nouvelle réglementation qui limite le nombre de cartouches avec lesquelles les consommateurs peuvent passer la frontière ont également joué un rôle. La circulaire publiée fin 2014 a abaissé le nombre de cartouches de dix à quatre seulement. Autant d’éléments qui ont pu ramener les consommateurs dans le circuit de vente traditionnelle. Reste à voir quelle sera la tendance pour 2016 qui sera marquée par un double mouvement. Tout d’abord, la poursuite du gel du prix du paquet de tabac qui n’a plus augmenté depuis 1er janvier 2014 (avec la hausse de la TVA). Mais, dans le même temps, la mise en place du «paquet neutre» à partir de mai 2016. Une mesure particulièrement décriée par les buralistes, ayant entraîné des mouvements de colère supérieurs à ceux accompagnant généralement les hausses de la fiscalité.

186 jours chez Chipotle

Tout est parti d’une blague. Andrew Hawryluk décide en février 2015 de manger un repas par jour chez Chipotle, durant le carême. Puis il s’est demandé jusqu’à quand il pourrait tenir ce “régime”… “Je vais manger du Chipotle une fois par jour durant le carême.” Andrew Hawryluk avait lancé cette blague par SMS à son frère, Nick, le 18 janvier 2015. Piqué au vif par la réponse de ce dernier -un simple “Ha”-, il se lance. Il mangera 40 jours durant (week-ends non compris)un repas dans la chaîne américaine de restaurants mexicains. Puis il décide de continuer, histoire de voir jusqu’où il tiendrait… Résultat: dix mois plus tard, il aura ingurgité 186 plats. Andrew Hawryluk ne fait les choses à moitié: tous les jours, sur son Tumblr, Chipotlife, il poste en images le plat et le ticket de caisse du jour. Rapidement, il se contente de commander un bol poulet avec du guacamole. Pourquoi continuer? “Chaque post me semblait plus drôle que le précédent”, explique le jeune présentateur. Fin juillet, il a droit à la médiatisation de son défi. “J’ai pu constater par moi-même le pouvoir des médias actuels, décrit-il. Avant la publication de Business Insider, Chipotlife comptait une vingtaine de visites uniques par jour -probablement moi. Le lendemain, on en comptait plus de 20.000.” Quelques articles et reportages télé plus tard, le soufflé retombe. “Rien d’aussi idiot ne dure, avance le jeune homme, lucide. Après le tourbillon des médias, cette blague ne pouvait faire mieux. Alors j’ai décidé d’arrêter, un mois plus tard. Rien n’a changé depuis, personne ne s’en est inquiété -y compris moi! Au final, Chipotlife est mort de façon aussi imbécile que [ce compte] est né.” Le 18 décembre 2015, soit exactement dix mois après le début de son “régime”, Andrew Hawryluk a donc tout stoppé, au bout de 186 repas. Cependant, pour les fans de tableurs, le jeune homme a scrupuleusement noté, sur un document accessible en ligne, tous les Chipotle où il est allé, la date, les prix et les petits extras. Si l’estomac vous en dit…

La source des problèmes européens

Les européens qui constituent l’Europe sont tous très différents, mais ils ont tous un point commun, à mon avis : aucun d’eux n’apprécie l’Europe. Lundi dernier encore, j’ai participé à un colloque à Budapest durant lequel j’ai abordé la question de la situation européenne avec des gens de toutes nationalités. Et ce qui m’a sidéré, c’est que plusieurs personnes étaient surprises des difficultés que rencontre actuellement l’Europe. Seulement, pour moi, cette catastrophe était une évidence dès l’instauration de l’euro ! Le concept d’une monnaie unique par 17 pays est apparu à l’époque comme une véritable union monétaire. Mais une union de ce genre, pour qu’elle fonctionne bien, requiert de fait une authentique union politique, et beaucoup d’efforts sont encore indispensables de ce point de vue si l’on veut que la machine fonctionne. Une telle unité n’était pas possible sur le moment. On s’est donc rabattu sur un édifice sans faire attention aux fondations. Ce qui fait qu’aujourd’hui, le building se délite et nécessite des travaux de rénovation ruineux. C’est avant tout la fondation d’une confédération européenne qui nous coûte aujourd’hui de la prospérité et de l’énergie. Tout cela parce que l’euro a été constitué expéditivement. Les dirigeants européens des années 90 se sont servis de la chute du mur de Berlin pour échafauder l’intégration de l’Europe. Mais étant donné que la constitution d’une véritable République européenne constituait quand même une étape inenvisageable, ils ont instauré une monnaie : l’euro. L’Allemagne était d’ailleurs fortement opposée à cette pratique. Elle préférait qu’une monnaie unique soit là pour consacrer l’entente politique européenne (c’est ainsi que cela s’est passé dans l’histoire allemande). Malheureusement, dans la discussion initiale sur l’Europe, la position allemande n’a pas su s’imposer : les autres pays ont considéré (à raison) que la mise en place d’une union politique prendrait des décennies, tandis que l’entrée de l’euro pouvait se faire aussitôt. Une erreur que nous payons encore aujourd’hui. Soit dit en passant, j’aimerais dire un mot sur ce colloque en Hongrie. Ceux que je suis amenés à suivre sont généralement de qualité moyenne, mais j’ai été vraiment fasciné par l’organisation aux petits oignons de celui-là. Pour ceux qui voudraient vivre l’expérience, suivez le lien vers le site de l’agence qui a organisé ce séminaire à Budapest.

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Satellite imprimé 3D

L’impression 3D s’imposera sans doute progressivement sur des marchés de niches liés à la production de pièces uniques à forte valeur ajoutée, voire en très petites séries. Ce sur-mesure colle parfaitement aux besoins de l’industrie spatiale. Ainsi, Thales Alenia Space a récemment annoncé que les satellites de télécommunication Koreasat 5A et Koreasat 7, en cours de fabrication, embarqueront les plus grandes pièces pour le spatial jamais réalisées en Europe en fabrication additive à lit de poudre. « Il s’agit des supports d’antenne TM/TC en aluminium, pièces jumelles qui ont été fabriquées dans un même lot par la même machine », nous explique Florence Montredon, coordinatrice Développements en fabrication additive chez Thales Alenia Space (TAS). Un support d’antenne de ce type est « d’ores et déjà en orbite depuis avril 2015 à bord du satellite de télécommunication TurkmenAlem », et le satellite Arabsat-6B, lancé depuis Kourou mardi 10 novembre 2015, « emportera également des tripodes issus de la technologie 3D ». D’autres pièces imprimées sont prévues, « en particulier sur chacun des satellites de télécommunications que nous avons actuellement en phase de design. Ce sont principalement des pièces d’interfaces, typiquement des supports d’antenne ou des ferrures de réflecteurs, en aluminium ou en titane ». À l’avenir, TAS envisage d’utiliser de façon régulière cette technologie. D’ailleurs, les cas d’applications se multiplient et les « premières expériences pour le vol, réussies, permettent de généraliser cette technologie sur des pièces où elle réduit le coût, le délai et la masse ». La fabrication additive est « la technologie rêvée pour le secteur spatial car elle est faite pour la réalisation de pièces en petites séries, voire uniques ». La fabrication additive imprime tout aussi facilement « une pièce basique qu’une pièce avec des courbes, des alvéoles ou des cavités ». De plus, le résultat plus léger, alors que le secteur spatial est friand de réduction de poids car le kilogramme coûte cher au lancement. La prochaine étape pourrait être la construction de pièces plus importantes, « intégrant plusieurs fonctions (mécanique, thermique, électronique, RF…) », voire une structure entière de satellite. « Cependant, il faut encore mener des développements importants pour en arriver là mais la fabrication additive est une technologie qui progresse vite. Il faudra aussi certainement revoir la façon de penser et concevoir un satellite. Le challenge se situe tout autant dans le processus de conception que dans la technique de production elle-même. » À plus court terme, TAS veut « entrer dans une phase d’industrialisation de l’usage de la technologie et d’en élargir le champ d’applications à de nouveaux produits ou sous-systèmes (nouvelles fonctions et pièces mécaniques plus chargées), les pièces de plus grandes dimensions (d’autres technologies additives que le lit de poudre émergent également) et enfin les nouveaux matériaux ». La société a déjà commencé à introduire des polymères mis en œuvre en fabrication additive et cherche maintenant à développer avec ses partenaires des matériaux répondant aux besoins spécifiques du spatial en matière de stabilité, en particulier pour l’observation et la science. À nouvelles technologies, nouvelles contraintes. L’impression de pièces en 3D n’échappe pas à cette règle. « Même si le secteur spatial a sur certains points moins de contraintes pour l’introduction de cette technologie que le secteur aéronautique par exemple, la maîtrise des risques est de mise ». La technologie ne permet de toute façon pas de tout faire aujourd’hui, en tout cas de manière rentable. « Les coûts de contrôle sont pour nous très élevés compte tenu du niveau requis pour la qualité des pièces ». Il y a des progrès à faire de ce côté-là. Des systèmes de contrôle in situ directement installés sur les machines arrivent maintenant sur le marché et « pourront sûrement augmenter la compétitivité de la technologie pour les secteurs exigeants comme le nôtre ». La taille réduite des machines à lit de poudre, « celles qui permettent d’atteindre les géométries les plus complexes, est également un frein identifié pour les applications ambitieuses ».

L’oxygène au coeur de la terre

Il y a un an, une équipe internationale de chercheurs de l’Institut de physique du globe de Paris, l’IPGP (CNRS, Paris Diderot, Cité Paris Sorbonne), de l’EPFL (École Polytechnique Fédérale de Lausanne, Suisse) et de l’University College London (Royaume-Uni) annonçait qu’elle pensait être parvenue à préciser la composition du noyau de la Terre. Il s’agissait de résoudre un problème découvert il y a un demi-siècle par Francis Birch, l’un des pionniers de la géochimie des hautes pressions avec Alfred Ringwood et Percy Bridgman. En comparant les ondes sismiques ayant traversé le noyau de notre planète avec celles observées en laboratoire au sein de divers matériaux soumis à des pressions et des températures élevées, Birch concluait que le noyau était trop peu dense pour être composé uniquement de fer et de nickel. Il devait donc contenir des éléments plus légers, comme l’oxygène, le phosphore, le magnésium ou l’azote. Mais lesquels ? Sans possibilité de reproduire fidèlement en laboratoire les conditions régnant dans le noyau, les géologues ne pouvaient conclure. Rappelons par exemple que les températures y sont particulièrement élevées, peut-être jusqu’à atteindre celle de la surface du Soleil, soit 6.000 kelvins. Pour aller plus loin, en 2014, les chercheurs s’étaient appuyés sur une méthode numérique dite de dynamique moléculaire, permettant de simuler sur ordinateur le comportement des solides et des liquides dans des conditions de pressions et de températures inatteignables en laboratoire. Cette méthode permet de calculer les forces quantiques entre les atomes formant différents alliages métalliques de fer, nickel et autres éléments légers (carbone, oxygène, silicium, soufre…) ainsi que le comportement de ces alliages lorsqu’ils sont traversés par des ondes sismiques. La simulation fournit ainsi les spectres en fonction de la température, de la pression et de la composition de l’alliage, spectres à comparer ensuite à ceux obtenus par la sismologie. Les géophysiciens et géochimistes en étaient venus à penser que le noyau doit très probablement contenir de l’oxygène en plus du fer et du nickel. Mais il pouvait aussi contenir du silicium, du soufre ou du carbone. Cependant, la solution reproduisant le mieux les observations était celle ne faisant intervenir que l’oxygène, avec une teneur de 6 à 7 % dans l’alliage de fer et de nickel. Quasiment la même équipe, en collaboration aussi avec le Livermore National Laboratory, publie dans les Pnas de nouveaux résultats. Les chercheurs ont cette fois utilisé des expériences en cellule à enclumes en diamant chauffée par laser pour reproduire la genèse du noyau au moment de la formation de notre Planète, lorsque s’est produite sa différentiation.

Le gang des autruches

Voilà quelques décennies déjà que la politique autruchienne s’est imposée comme la nouvelle tendance. Gauche et droite confondues, elle est devenue systématique. Il faut dire que les problèmes sont si lourds à résoudre. Et la tentation est si forte de laisser les problèmes à d’autres. Sauf qu’à force de mettre sous le tapis, l’on en arrive aujourd’hui à une paralysie du système. Les politiques, évidemment, ne feront que se rejeter la faute les uns les autres. On sait d’avance à quoi ressemblera le prochain débat de 2017.

Pourtant, tous ces discours et toutes ces polémiques creuses, s’ils parasitent l’attention médiatique, ne font pas avancer le schmilblick. Ils ne font, là aussi, que reculer le moment de prendre les problèmes à bras-le-corps. Je pense que c’est donc à nous, citoyens, de nous emparer de ces problèmes de société. D’y réfléchir par nous-mêmes et d’y trouver des solutions. Et de les imposer à ce gang d’autruches qui n’a jamais travaillé que pour lui-même. La solution, plus que jamais, repose entre nos mains. Et nous ne pouvons plus nous voiler la face, nous contenter d’accuser nos politiques de ne rien faire. Car ce faisant, nous ne faisons là, nous aussi, que reporter la faute : nous appliquons nous-mêmes la politique autruchienne.



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